Editorial

Photo de Gilles Larnac © PILE Poil

 "Le retour du Bièvre", ainsi aurait pu s'appeler la manifestation transfrontalière qui s'est engagée en 2011 en Europe de l'Ouest afin de sensibiliser le public au Castor Eurasien (Castor fiber de son nom scientifique) ainsi qu'à la préservation des zones humides.

Le monde naturaliste a plutôt choisi le "Printemps des Castors" en référence à la renaissance de la nature durant cette saison, tout comme renaissent les zones humides sous l'action de ce rongeur si sympathique qui a marqué de son nom originel "Bièvre" (castor en vieux français) la toponymie de villes et de lieux (Beuvry, Bevraine, Bièvre, La Beuvrière ...) ou plus encore les patronymes de nombreux français et européens (Beve, De Bièvre, Bever, Le Bever, Van Bever, De Beauvoir ...).

Infatigable travailleur du bord des rivières, le castor est végétarien (consommateur d'écorce d'arbres, de plantes des berges et de plantes aquatiques). Il se déplace de préférence la nuit et gère avec une grande rigueur le territoire aquatique où il s'installe. En structurant la végétation des berges dont il se nourrit principalement, il entretient les rives des rivières, ruisseaux, étangs et lacs où il vit.

Capable de travaux herculéens si cela s'avère nécessaire pour son territoire, il est souvent très discret et difficile à apercevoir. Chaque matin il nous est pourtant possible de découvrir son travail nocturne et sa contribution à la préservation de la biodiversité des zones humides, où la faune et la flore menacées se réinstallent spontanément après son arrivée.

La manifestation le "Printemps des Castors" est depuis le printemps 2011 l'occasion pour tous de découvrir le plus gros rongeur européen, sa biologie, son écologie, sa vie en famille (si proche de notre concept humain de la famille), ainsi que son rôle essentiel dans la préservation des zones humides.

Le "Printemps des Castors" veut aussi attirer l'attention du grand public sur la présence d'autres mammifères aux abords et dans les cours d'eau dont la conservation est tout aussi importante. Loutre, Vison d'Europe, Putois sont des adeptes de ces milieux dont ils dépendent à 100%. Les cours d'eau ou leurs abords sont aussi très appréciés par des mammifères plus petits, tout autant agréables à observer, comme le Campagnol amphibie, le Rat des moissons, la Crossope aquatique, le Desman des Pyrénées... Citons également les incontournables Ragondin, Rat surmulot et Rat musqué qui sont des espèces allochtones (introduites).

La manifestation le "Printemps des Castors" prend donc une tournure nouvelle en 2019 et pour les années à venir puisqu'elle souhaite sensibiliser plus largement le grand public, notamment en l'informant de la présence des autres mammifères semi-aquatiques qui peuvent cotoyer le Castor.

Pensez-y au moment de construire votre animation. L'absence de Castor ne doit pas être un frein pour proposer une sortie.
Animatrices et animateurs, vous êtes donc invités, à partir de cette année, à proposer des animations de sensibilisation et de découverte sur les mammifères semi-aquatiques ou pour qui la présence d'un cours d'eau est une nécessité. Le Castor fait partie d'un tout et il n'est pas jaloux. Tous les mammifères inféodés aux cours d'eau et aux zones humides ont leur place dans cet événement. 

Samuel DUBIE, Administrateur SFEPM
& Dominique SOLOMAS, Chargée de communication et de la Vie associative à la SFEPM